09 novembre 2007
Tuk tuk lady ?
Hatim a bien sympathisé avec notre chauffeur de taxi, à gauche sur la photo.
Celui-ci, surnommé Jo, nous invite donc chaleurseusement chez lui. L’appartement ou plutôt la chambre est située dans le quartier des usines. Des floppées d’ouvrières profitent de leur pause déjeuner pour aller se détendre dans des snacks aménagés sur le bord de la route. ”Le gouvernement veut favoriser le travail des femmes, c’est pour cela que les usines n’embauchent ques des ouvrières” précise Jo. Sa femme a lui ne travaille pas, elle reste a la maison s’occuper des enfants.
Notre chauffeur s’arrête ensuite sur le marché pour acheter à manger et pour que sa femme puisse nous cuisiner un bon repas cambodgien. Avec Hatim, nous en profitons pour aller acheter quelques jouets pour les enfants, on ne peut quand même pas arriver les mains vides! Quelques legos, une 4x4, une dinette...
Nous arrivons finalement chez lui. Il vit dans une chambre humide, grise et étroite d’environ 10m2 avec sa femme de 19 ans et ses deux enfants (!!). La petite fille n’est encore qu’un bébé, elle n’a pas l’air en pleine forme et vomit souvent. Le garçon, lui, est plus agé, c’est une vraie piplette. Il est ravi quand nous lui offrons les jouets. Je n'en ai pas vu dans la chambre mis à part un ours en peluche use. La femme de Jo ne parle pas anglais. Elle est très jolie et souriante, je lui aurais donné plus que son âge. Son mari en est fier et amoureux, ça se voit. “C’est une bonne épouse”. Mais je la plains de devoir rester toute la journée dans cette petite chambre. Quand nous interrogeons Jo sur le fait qu’elle ne travaille pas, il nous repond : “En Europe, les femmes sont grandes comme des hommes, elles peuvent travailler. Mais ici elles sont petites [et donc fragiles], c’est mieux qu’elle s’occupe des enfants”.
Heureusement qu’il y a les voisins. Ils viennent souvent à la porte voir qui sont ces invités inhabituels. “Ils sont curieux, ils n’ont pas l’habitude de voir des gens comme vous ici”.
Jo nous parle de sa vie. Il est issu d’une famille de 20 enfants dont il n’en reste que 12. Ses parents avaient une maison a Phnom Penh mais ils ont dû fuir lors de l’évacuation de la ville en 75, suite a l’intervention des khmers rouges. Du coup, quand ils sont revenus en 79, il y avait une autre famille installée chez eux et n’ont rien pu faire car c’etait la loi du premier arrivé. Ses parents sont retournés vivre a la campagne et ses frères et soeurs sont dispersés un peu partout dans le pays.
Jo rêve de voyage mais pour l’instant il n’a pas assez d’argent. Je lui demande ou il voudrait aller s’il en avait les moyens. ”Angkor Wat”. Angkor Wat est a 315 km au nord de la ville, 4 dollars US en bus. Il nous confie se sentir comme une “grenouille dans un bocal en verre”. “Tout ce que je peux faire c’est lever la tête et regarder le ciel”. Mais il espère, bientôt, pouvoir construire sa propre maison. Un jour peut-être. Si on revient, il nous invitera.
Commentaires
les voyages forment la jeunesse et ouvrent l'état d'esprit . Quand on voit que quand on parle on en a plein la bouche et qu'on se plaint parce-qu'on en a jamais assez . Ces expériences permettent de relativiser et de voir que même quand on n'a pas grand chose on peut donner .
Continue à vivre ces expériences et à les faire partager
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=315868&pid=6826794
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
